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Marie-Claude Treilhou, invitée d'honneur 2021

 Nous devions l'accueillir en 2020..., ce sera - espérons-le ! - en 2021

Navigant entre fiction et documentaire, l’œuvre trop méconnue de cette cinéaste est à découvrir ou à redécouvrir.

Native de Toulouse, Marie-Claude Treilhou a appris le cinéma en autodidacte dans les années 1970 aux côtés de Gérard Frot-Goutaz et de Paul Vecchiali qui produit en 1979 (avec la société Diagonale) son premier long métrage, Simone Barbès ou la vertu. Marie-Claude Treilhou y raconte la nuit de solitude et d’errance de la jeune Simone Barbès entre le cinéma porno où elle travaille et la boîte de nuit lesbienne qu’elle fréquente. Dans un mélange unique de langueur et d’âpreté ce portrait de femme inédit marque les esprits et fait date. La dernière scène en particulier entre Ingrid Bourgoin et Michel Delahaye, qui finit de redistribuer les cartes du féminin et du masculin dans le film, est magnifique.

L Ane qui a bu la luneAprès ce premier coup d’éclat, Marie-Claude Treilhou semble poursuivre sa carrière en dehors de toute mode et prescription tant dans les sujets que les genres abordés. Ainsi, Il était une fois la télévision, film documentaire de 1985 (qui donnera lieu en 2015 à un second volet Il était une fois la télévision 30 ans après), interroge les habitants d’un petit village des Corbières sur leur rapport à la télévision. En 1988, L’Ane qui a bu la lune, long métrage produit par notre ami Guy Cavagnac (qui a présidé plusieurs années Gindou cinéma), s’inspire de contes populaires occitans ! En 1991, Le Jour des rois, qui réunit avec bonheur Danielle Darrieux, Micheline Presles, Paulette Dubost, Robert Lamoureux et Michel Galabru, peint avec mordant et tendresse le motif de la vieillesse. Un petit cas de conscience en 2002 s’appuie sur un autre casting improbable avec Dominique Cabrera, Claire Simon, Alain Guiraudie et la réalisatrice elle-même dans une comédie jubilatoire où un banal cambriolage bouscule les certitudes d’un petit groupe d’amies intellectuelles et progressistes approchant la cinquantaine.

En parallèle, Marie-Claude Treilhou réalise plusieurs documentaires sur le travail de la musique dont Les Métamorphoses du cœur en 2003 sur une chorale amateure et Couleurs d’orchestre en 2007 sur l’Orchestre de Paris. Son dernier film en 2019, Comme si, comme ça, met en scène le poète Michel Deguy qui s’interroge sur le sens et la pratique de la poésie aujourd’hui.

Enfin, n’oublions pas de mentionner que Marie-Claude Treilhou enseigne aussi le cinéma documentaire aux Ateliers Varan ; elle anime notamment la formation que les Ateliers ont ouvert en 2018 en Occitanie.

Nous prendrons donc le temps de déplier à Gindou cette oeuvre hybride et farouchement indépendante de Marie-Claude Treilhou qui compte une quinzaine de films. « Ce que je cherche est du côté de l’anthropologie, j’ai envie de comprendre comment marche le monde » dit-elle simplement. Nous verrons ce que cette recherche requiert depuis plus de 40 ans d’enthousiasme et de liberté, mais aussi de surcroît de volonté et d’effort quand on est une femme cinéaste.

Chère Marie-Claude, hâte de vous recevoir !

 

Filmographie

Simone Barbès ou la vertu

Fiction | 1980 | 75 minutes | Diagonale

Simone Barbès est ouvreuse dans un cinéma porno. Un soir, après son travail, elle se rend dans une boîte de nuit lesbienne. Puis elle rencontre un homme seul et désespéré.

Une sale histoire de sardines

Fiction | 1983 | 55 minutes

Dans un garage. Marcel, gardien de nuit reçoit certains soirs la visite de noctambules qui viennent lui confier leurs histoires et leurs problèmes.

Lourdes, l'hiver (Prix Jean Vigo du meilleur court métrage)

Court métrage de fiction | 1983 | 9 minutes | Diagonale

Intégré à L'Archipel des amours, programme de neuf courts métrages de Jean-Claude Biette, Cécile Clairval, Jacques Davila, Michel Delahaye Jacques Fresnais, Gérard Frot-Goutaz, Jean-Claude Guiguet, Marie-Claude Treilhou et Paul Vecchiali

Dans les rues désertes de Lourdes en hiver, un vieil homme a perdu sa femme. Il la retrouve. Cauchemar ou miracle ?

Il était une fois la télé

Documentaire | 1985 | 52 minutes

Une radiographie de la télévision par un petit village lui-même en question.

L'Âne qui a bu la lune

Fiction | 1988 | 95 minutes | Les Ateliers Sirventes

Cinq contes populaires occitans qui ont chacun un thème différent : les trois jeunes gens qui vont à Paris ; le cochon ; le moine ; l'âne qui a bu la lune ; le carnaval.

Gaby, artisan charcutier

Court métrage documentaire | 1988 | 8 minutes

Le Jour des rois

Fiction| 1991 | 93 minutes | Les films du Losange

Trois sœurs se réunissent tous les dimanches. Suzanne, l'aînée, supporte difficilement son mari Georges. Germaine, célibataire, habite dans une maison de retraite. Armande mène une vie tranquille avec son époux Albert. Le dimanche de l'Épiphanie, le programme est chargé : passer au cimetière, déjeuner au restaurant chinois, manger la galette et tirer les rois, et aller voir une troupe comique du troisième âge dans laquelle joue la quatrième sœur marginale, Marie-Louise.

Duclos-Lassalle et Leblanc

Courts métrages documentaires | 1993

Issus de la série La Roue pour Arte, portraits de cyclistes par des documentaristes

Paroisses, paroissiens, paroissiennes

Documentaire| 1997 | 52 minutes | Les Films de la Boissière

Une paroisse : comment cela se définit-il ? Comment cela marche-t-il ? Comment cela se fraye-t-il un chemin dans la forêt de problèmes de la société française d'aujourd'hui ? À travers le portrait d'une paroisse à dominante populaire et multi-ethnique du Kremlin-Bicêtre.

En cours de musique et Au cours de musique

Documentaires | 2000 | 95 et 52 minutes | Les Films de la Boissière

Édouard Exerjean enseigne le piano et la musique de chambre au conservatoire du 13e arrondissement de Paris et à celui de Marseille. Attaché à la rigueur inhérente à la pratique de l'instrument, il parvient à transmettre sa passion.

Un petit cas de conscience

Fiction | 2000 | 95 minutes | Les Films de la Boissière

Un clan de vieilles copines dans la cinquantaine se prend les pieds dans le tapis d'un fait divers : deux d'entre elles, qui vivent ensemble, sont victimes d'un cambriolage dans leur maison de campagne. Le scénario suit l'investigation et les commentaires des différents protagonistes, conduit comme une enquête sauvage, avec le suspense de rigueur, pour n'aboutir qu'à un vertige : où est la vérité, et surtout quelle est la juste cause ?

Les Métamorphoses du chœur

Documentaire| 2003 | 98 minutes | Les Films d’ici

Une chorale d’amateurs dans le 13e arrondissement à Paris. Une fois par semaine 30 enfants, 20 adolescents, 30 adultes se réunissent pour répéter et chanter ensemble sous la direction de Claire Marchand, chef de chœur. Il y a des moments de joie, de découragement, de plaisir partagé et de musique. Des premières auditions au concert final, le film écoute et regarde cette communauté au travail.

Couleurs d'orchestre

Documentaire | 2007 | 120 minutes | Les Films d’ici

Ce film sur l’Orchestre de Paris se propose d'extraire l'orchestre symphonique de son abstraction, de lui donner du corps, de l'humaniser, pour prendre la mesure du travail qui précède et accompagne le concert, tout ce qui en conditionne l'existence.

Il était une fois la télévision, 30 ans après

Documentaire | 2015 | 52 minutes

Pour faire suite à un premier film de 1985, le film reprend la même démarche 30 ans plus tard, pour mesurer, à l’a une des évolutions techniques de la télévision, les changements de société et de mentalité, dans un petit village des Corbières représentatif de la France rurale. Où il est question du rapport aux actualités, aux autres (de l’étranger), du local et du régional, du vrai et du faux, du progrès, du vivre ensemble en société rurale, des métamorphoses de nos campagnes, et du rôle attribué à la télévision dans la vision que l’on se fait du monde.

Comme si, comme ça

Documentaire | 2019 | 62 minutes | La Traverse

Que faire aujourd’hui des poèmes du passé ? Pourquoi et comment faire de la poésie aujourd’hui ? Assis derrière son bureau, Michel Deguy parle, fume, pense avec la même généreuse allégresse. Marie-Claude Treilhou recueille la parole pensante, en articule le développement par une série de lectures ou de récitations chantées des poèmes disséqués par leur auteur.