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La Cinémathèque de Toulouse et le CNC - Longs métrages
Arsénic

Don Quichotte

Grigori Kozintsev

URSS. 1957. Fiction. 1h40

Scénario : Yevgeni Shwartz d’après le roman de Miguel de Cervantès
Image : Andreï Moskvine, Apollinari Doudko, Ionas Gritsious.
Son : Ilia Volk
Montage : Evguenia Makhankova
Musique : Kara Karaev
Production : Lenfilm
Interprétation : Nikolaï Tcherkassov, Youri Toloubeev, Olga Vikland, Svetlana Grigorieva, Vassili Maksimov, Viktor Kolpakov, Lioudmila Kassianova, Gueorgui Vitsine, Serafima Birman, Lidia Vertinskaïa

Contacts : Gaumont, département Arkeion
www.gaumontpathearchives.com
Tél. +33 (0)1 49 48 15 03

 

 

Don Quichotte, gentilhomme sans fortune, est si passionné par les romans de chevalerie qu’il ne parvient plus à distinguer la réalité de l’imaginaire. S’identifiant aux héros, il veut lui aussi délivrer les opprimés, châtier les traîtres et faire le bien. Il décide alors de devenir à son tour un chevalier errant et de parcourir l'Espagne sur son cheval, Rossinante, vêtu d’une armure, abandonnée depuis longtemps dans son grenier. En compagnie de son écuyer Sancho Pança, l’idéaliste s’en va alors courir les aventures, avec un regard qui transforme tout ce qui l’entoure.

 

 

 

 

Patrimoine Don Quichotte Rea

Grigori Kozintsev est né en 1905 à Kiev, en Ukraine, qui faisait alors partie de l’empire russe. Il devient apprenti décorateur dès l’âge de 14 ans, puis part pour Leningrad dès 1920. Inscrit à l’Académie des Beaux-Arts, il y suit des cours de peinture et se lie d’amitié avec Leonid Trauberg, avec lequel il fonde en 1921 la FEKS (Fabrique de l’acteur excentrique), un ensemble de théâtre expérimental qui préconise pour les acteurs un mode d’interprétation inspiré de celui du cirque, du cabaret et du music-hall. Ils font ainsi la mise en scène théâtrale de l’Hyménée de Gogol, associant cirque, cabaret et cinéma. Quelques années plus tard, Kozintsev et Trauberg s’orientent vers la production cinématographique et tournent en 1924 leur premier film, Les Aventures d’Octobrine, suivi jusqu’en 1946 de nombreuses autres œuvres en coréalisation. Les Aventures d’Octobrine est une comédie d’agit-prop où ils dénoncent la cupidité des capitalistes occidentaux qui exigent des paysans et ouvriers le remboursement des dettes tsaristes. Les comédies « excentriques » laissent progressivement place à des œuvres plus graves où s’expriment des préoccupations sociales, liées aux bouleversements de l’histoire. Le réalisme et la réalité soviétique contemporaine prennent alors le pas. Leur collaboration atteindra des sommets avec la trilogie des Maxime (1935-1939), pour laquelle ils reçoivent le Prix Staline en 1941. Le personnage principal, prolétaire révolutionnaire, est un combattant exemplaire avant, pendant, et après la révolution d’Octobre. Ce film, en tant que pure propagande soviétique et menace à l’ordre social américain, sera censuré aux Etats-Unis. Cependant, comme beaucoup d’autres artistes, Kozintsev et Trauberg sont en butte aux répressions politiques, depuis le milieu des années 40. Ainsi, le film Des gens simples (1945), qui évoque la dureté des conditions de vie du front intérieur sera interdit jusqu’en 1956. Ce film sera le dernier de leur longue collaboration ; Kozintsev et Trauberg se séparent alors définitivement. Seul, Kozintsev réalise des biographies filmées, puis revient au théâtre. Sa carrière de cinéaste repart au moment du « dégel ». Don Quichotte (Festival de Cannes 1957), ainsi que Hamlet (1964) et Le Roi Lear (1971) lui vaudront l’admiration internationale. Grigori Kozintsev meurt le 11 mai 1973 à Leningrad (Saint-Pétersbourg) ; il a alors 68 ans.